limite

Je marchais sur une route qui montait raide en tournant à gauche. Elle était recouverte de castine beige, bien égalisée et tassée, comme chez nous. Il faisait chaud, je transpirais, et commençais à trouver la balade fatigante.

A droite, il y avait un haut mur en pierre blonde joliment jointée, percé d'une belle porte récemment peinte en bleu gauloise, brillante, impeccable. J'ai poussé la porte, et ai obliqué à droite dans les prés, pensant m'asseoir sous une rangée de peupliers en vue. Mais le paysage était bizarre. Ce n'était pas comme ailleurs. Au début, je ne pouvais dire quoi, mais j'avais l'impression qu'il avait quelque chose à me dire, que je pouvais communiquer avec lui. Alors, j'ai marché, marché des heures sans fatigue particulière.

Derrière les peupliers, il y avait une colline, assez sèche me semblait-il, puis une autre, puis une autre. Je marchais donc de colline en colline, toujours sur le versant qui penchait à droite, au sud.

Puis, devant moi, au fond d'une immense prairie, j'ai vu une petite maison et sa mare qui m'appelaient. J'y suis descendu. En chemin, j'ai rencontré des fleurs originales, comme il n'en existe pas sur notre planète. Elles m'ont étonné. Je me suis accroupi en me posant des questions, et ... j'ai reçu un ordre : aller au plus vite en bas de la prairie !

J'ai regardé, vu le plan d'eau et la maison qui étaient encore toutes petites, comme quand on les regarde de loin en montagne, puis j'ai repris mon chemin.

En arrivant devant la mare profonde, j'ai senti qu'elle était bien vivante, mais je suis entré dans la maison.

Et là, brillaient dans la pénombre, une table et une desserte en gros bois massif sombre et lisse, très doux au toucher. Ils avaient la particularité de réagir comme une peau humaine à la caresse.. Je les sentais vibrer. Alors, en curieux, j'ai ouvert la desserte, vu et approuvé les légumes frais qui y étaient entreposés, caressé la table pour en ôter les miettes de pain et ...posé des questions. Et ils m'ont répondu ! Ils m'ont dit que je trouverais mes réponses dans le petit lac qui était devant la maison. Pff, je me plaisais beaucoup dans cette pièce et aurais aisément pu y passer des années !  Je rêvais déjà, de tout ce que je pourrais faire dans ce petit coin tranquille.

Mais je suis ressorti, et ai attendu que le lac me parle. Il m'a dit que si je plongeais en lui, je partirais pour des voyages infinis, que je pourrais découvrir l'Univers et ses étonnantes richesses, mais que ce serait très difficile de revenir ici. J'ai eu des visions magnifiques. Elles résonnaient en moi comme des promesses qui n'aboutiraient pas, comme un ennui aussi, car je n'adhérais pas à ces mondes froids et distants. Alors je suis resté là. J'ai remonté la pente et rejoint les peupliers puis la route en quelques minutes ... où j'ai pris des repères pour pouvoir revenir..., puis je me suis réveillé.