DSCF0993      Dans le cadre de l'après stage avec Claude Paul Degryse, je voulais vérifier une idée agaçante ; à savoir, comment "l'Univers" exerçait sa prédation sur l'humanité, puisque ce n'était pas vérifiable sur le reste de la création. Mon idée, était que cela passait par le contrôle de la pensée. Pour cela, il me fallait un lieu tranquille inconnu de moi et donc suffisamment captivant pour m'aider à domestiquer mon mental ; or, quelques jours en arrière, un cafetier de Lavaur me parlait d'un beau circuit de 10 km autour d'un lac isolé : le lac de la Bancalié, sur la commune de saint Antonin de Lacalm dans le Tarn (81120). J'y allais donc le 11 novembre 2014 au matin. Arrivé sur place à 9 h 21. J'en repartais à 13 36. J'avais donc mis plus de quatre heures pour tester mon idée.

      Le protocole était le suivant : en marchant tranquillement (10 km en 4 h), je m'appliquais à repérer toutes les pensées qui me venaient, tout en comptant mes pas. Chaque fois qu'une pensée faisait surface, j'en vérifiais son éventuelle utilité, et je remettais le compteur de mes pas à zéro. Or je peux garantir que durant toute cette épreuve, car c'en est une, je n'ai pas pu mettre de côté une seule pensée utile ! Pas une. En plus, c'était fatiguant, épuisant. C'est que ça pompe énormément, le contrôle des pensées. C'était aussi agaçant, car quelques-unes parmi les moins  intéressantes, revenaient assez souvent ; alors dans ces moments-là, je faisais un geste de côté avec ma main gauche pour les écarter, toujours la main gauche, comme si la source de la fascination par la pensée venait toujours de ce côté là. Le plus que j'ai tenu, car c'est un effort considérable que de ne pas penser, a été de 96 pas, donc approximativement une minute et demie. La plupart du temps, je ne tenais que quelques secondes à quelques dizaines de secondes (fréquemment autour de 45 - 50 pas).

      En fin de compte, j'en arrivais à conclure que la pensée est un système qui encombre l'esprit, épuisant côté énergie, et somme toute contraignant, alors que je ne pouvais lui reconnaître aucune utilité. Cette expérience m'a permis de me rendre compte que les pensées les plus bruyantes, celles qui viennent de l'extérieur de soi, sont en fait une colonisation de mon esprit, de notre esprit, une occupation non désirée et inutile, voire nuisible, car cela empêche d'être attentif et sensible à son chemin.

      Du coup, pour ne pas donner puissance au je pense donc je suis piégé, je me remets à l'étude des gestes conscients toltèques, qui a pour but d'empêcher cette routine inutile et aliénante de l'esprit, par l'attention donnée à l'exécution de ces mouvements. L'idée est d'obtenir de longs moments tranquilles.

      J'ai trouvé deux autres piège de l'attention : le premier consiste à s'installer en face un meuble qui a 7 moulures rectangulaires, et à obliger mon regard à les suivre lentement, jamais de la même manière. Pour le second, j'ai fait appel à un hypnothérapeute. Mais le plus efficace, c'est la lecture d'un livre de OSHO : être en pleine conscience.